Pour démarrer les curations du digeste, il semblait opportun de parler de digestion. (Je m'excuse par avance car tous les liens sélectionnés ici sont en anglais)

Je digère mal.

En règle générale, toute transition chez moi se fait difficilement. Je digère mal les tomates, les poivrons, les féculents, les transformations, les annonces soudaines, les changements, les critiques, les échecs.

Ce qui m’amène à établir un lien certain entre mon transit intestinal et ma capacité à absorber des renseignements. J’ai l’impression de sentir dans mon cerveau la trajectoire d’une nouvelle information qui se ferait peu à peu broyer, décortiquer, assimiler par mon esprit jusqu’à me rendre capable d'en faire sens. Ce n’est pas un processus immédiat et les rouages sont comme ceux de mon système digestif : lents, bruyants, souvent partiellement inefficaces.

Il ne s’agit pas seulement de noter que notre esprit a un impact direct et certain sur nos habitudes alimentaires, mais de véritablement établir une similarité dans le process mental et intestinal. De là naissent quelques questions :

Si on peut dire "loin des yeux, loin du cœur", peut-on ajouter, loin des yeux, loin de l'estomac ?

Peut-on véritablement digérer une rupture amoureuse ?

Quelle est votre comfort-food mentale ?

Mes tripes sont-elles un second cerveau viable ? Peut-on espérer un jour réfléchir entièrement par l'estomac ? Et si oui : quelles nourritures vont influencer au mieux mon nouvel espace mental ?

Et enfin : si nos intestins produisent des déchets, quels sont les reliquats de nos digestions mentales ?

À bientôt.

Illustrations : Irène Dune